Je ne rajouterai rien à la litanie –assez prévisible- des réactions auxquelles cette prestation a donné lieu, à droite, à gauche, de la part des responsables politiques et des commentateurs. Je voudrais tout simplement formuler un jugement global sur cet exercice de communication, en m’interrogeant : est-ce bien le rôle d’un président de la République que de se livrer ainsi pendant 2 heures à une opération médiatique aussi fabriquée et racoleuse ? En réalité, il s’agit à nouveau de montrer que toute décision, tout projet, toute mesure –même la plus ponctuelle- prend sa source à l’Elysée, plus exactement dans la volonté (le bon vouloir ?) du Président. La marge d'intervention du chef du gouvernement, de ses ministres, du Parlement est ramenée à bien peu de chose. C’est le triomphe de la monarchie républicaine.
Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce qu’on n’ait pas senti passer de souffle, de projet global, de message d’espoir dans cette succession de promesses peu crédibles parce que contradictoires avec ce que les Français vivent depuis 33 mois. Nulle mention par exemple du besoin de justice, encore plus nécessaire quand la crise rend les inégalités insupportables. Que dire aussi de cette auto satisfaction, si décalée par rapport au jugement négatif que porte une majorité des Français sur la politique brouillonne mais bien ciblée à droite de son gouvernement !
A la différence de N. Sarkozy, le club Gauche Avenir, beaucoup plus modestement, mais
plus sérieusement, va réunir un forum ce jeudi pour écouter une
douzaine de représentants d’organisations intervenant dans les grands secteurs de la vie économique, sociale et culturelle (logement, éducation, emploi, libertés, environnement,
solidarité….).
Rassurez-vous, ils n’ont pas été choisis par TF1 et nous, nous n’aurons pas réponse à tout ! Par contre, nous débattrons avec eux et
avec des responsables des partis de gauche, pour imaginer comment les attentes des Français qu’auront exprimées les 12 intervenants pourraient s’insérer dans un projet politique commun, à
l’occasion d’Etats Généraux de la gauche.
Si nous arrivons à enclencher cette démarche (sur laquelle je m’exprimerai très prochainement), je ne doute pas que la gauche fera renaître l’espoir d’une alternative au sarkozisme.